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ÉDITO. Roumanie, un gouvernement peut-il rester en place après pareil scandale?

Les choses finiront bien par se tasser. Les gens se calmeront. Tel est le calcul de l’actuel premier ministre roumain.

Récapitulons. Mardi 28 janvier dans la nuit, un mois seulement après l’entrée en fonction du gouvernement de Sorin Grindeanu (PSD [Parti social-démocrate]), le gouvernement roumain a adopté, en catimini, un décret d’urgence qui pouvait mettre les hommes politiques à l’abri de certaines poursuites dans les affaires de corruption supposées bénignes, c’est-à-dire dont le préjudice ne dépassait pas le seuil de 44.000 euros, rien que ça… Conséquence: depuis le mercredi 1er février, le peuple roumain, à qui on ne la fait pas, descend quotidiennement dans la rue pour manifester et contre le gouvernement et contre la corruption en général, un fléau contre lequel la Roumanie se bat depuis tant d’années.

S’il avait été approuvé, ce texte aurait donné un coup d’arrêt à la campagne anticorruption qui a envoyé derrière les barreaux plus de 1.500 hommes politiques et hauts fonctionnaires ces dernières années. Le chef du gouvernement a bien dû prendre acte du désaveu massif des Roumains et s’est enfin résolu, dimanche 5 février, à l’abandon de ce texte controversé, affirmant qu’il ne souhaitait pas « diviser la Roumanie ».

Hélas, cher Monsieur Grindeanu, c’est un peu tard. À l’heure d’écrire ces lignes, malgré l’abrogation de ce décret, les gens restent dans la rue et vous, vous vous accrochez désespérément au pouvoir. A titre de comparaison, savez-vous qu’en Suède, la ministre de l’Enseignement a démissionné pour avoir été contrôlée avec 0,2 grammes d’alcool dans le sang? Vous ne comprenez pas pourquoi? Non, évidemment. Mais ne vous inquiétez pas, vous aurez tout le temps de méditer cet exemple nordique lorsque vous vous retrouverez au chômage, ce qui ne saurait tarder. Vous partirez, donc, mais rassurez-vous, vous entrerez malgré tout dans l’histoire, et qui plus est en excellente compagnie, celle de Nicolae Ceaucescu. Vous resterez en effet à jamais aux yeux du monde l’homme contre qui tout un peuple s’est dressé, dans un mouvement de protestation inédit depuis la chute du dictateur en 1989.

Je m'essaie au rôle de rédacteur en chef mais je me préfère en journaliste en herbe. J'aime jouer au patron mais j'fais 1m10. Donc, comme ça l'fait pas, je ne suis pas le patron. J'essaie même d'être gentil. J'voudrais être journaliste mais c'est pas gagné.

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